Archives pour décembre, 2007

Inde ou Chine, qui sera le futur leader de l’offshore ?

Aujourd’hui de nombreux spécialistes s’affrontent pour savoir quelle place tiendra la Chine dans le paysage de l’offshore de demain.

Pour certain la Chine aura pris le pas sur l’Inde d’ici une dizaine d’années. Les raisons le plus souvent énoncés sont :

  • Un turnover inférieur
  • Des salaires inférieurs
  • De meilleures infrastructures (routes, chemin de fer, ADSL …)

Il y a un point qui n’est pas souvent évoqué mais qui est des plus important. Contrairement aux idées reçues, l’industrie chinoise du BPO existe depuis de nombreuses années et est très probablement aussi ancienne que l’industrie indienne. La raison pour laquelle les Chinois ne sont pas reconnu sur le plan international est qu’ils servent essentiellement le marché chinois. Parce que leurs clients sont aussi Chinois, ils ne peuvent pas compter sur un écarts de coût du travail comme un facteur critique pour leur entreprise. Ainsi ils doivent être incroyablement conscients des coûts. Parce que les Indiens ont une grande différence de coût avec leurs clients, ils sont beaucoup moins efficace les chinois.

Pour d’autres l’Inde restera de loin le leader incontesté du secteur de l’offshore. C’est le cas de John C. McCarthy qui publiait il y a quelques mois un article intitulé « China’s Diminishing Offshore Role ». Selon lui le marché chinois n’a pas décollé comme prévu. Bien qu’il y est une progression de la demande en provenance du Japon, l’arrivée des Etats-Unis et de l’Europe a été lente à se concrétiser. De plus la présence des entreprises de services comme Accenture a chuté, tandis que l’Inde et les Philippines ont connu une hausse des investissements. Les raisons invoquées pour cette croissance décevante sont un manque de travailleurs anglophones et l’insuffisance du respect des lois sur la propriété intellectuelle. En conclusion la Chine devra être 20% moins cher que l’Inde.

L’article « India being Bangalored by China » paru sur un site indien pourrait bien mettre tout le monde d’accord.

Il y est dit que :

« Les leaders indiens comme Infosys et TCS sont tellement loin devant leurs homologues chinois que même dans 10 ans, leur position ne sera pas sérieusement menacée. Dans les 10-15 ans à venir, sur les 10 meilleures sociétés du marché de l’externalisation il n’y aucun doute que six ou sept d’entre elles seront encore indiennes… Mais la Chine dans son ensemble aura pris la relève de l’Inde comme la principale destination de l’externalisation. »

Brèves définitions de l’offshore et des méthodes agiles

Commençons par définir brievement ce dont nous allons parler :

  • L’offshore est un terme anglais qui littéralement signifie « Loin des côtes » et qui est utilisé pour parler d’externalisation, de délocalisation ou de sous-traitance à l’étranger. La définition de l’offshore utilisée par la SYNTEC est la suivante : « sont considérés comme offshore, les services informatiques consommés en France et réalisés pour tout ou partie à l’étranger». On parle de nearshore lorsque la sous-traitance ou l’externalisation s’opère dans un pays géographiquement proche (3 heures d’avions) de l’entreprise donneuse d’ordres. En France le nearshore se fait essentiellement en destination de l’Afrique du Nord ou dans les pays d’Europe de l’ouest.
  • Les méthodes agiles sont un ensemble de concepts qui ont pour but d’améliorer la conduite et la réalisation des projets informatiques. Elles naissent en 2001 de la réflexion de personnalités du logicielle (Beck, Cockburn, Fowler, Schwaber, Sutherland …) en réponse aux difficultés liées aux méthodes de développement traditionnelles ( en cascade ou en V). L’Agile Manifesto pose les quatres valeurs fondamentales des méthodes agiles :
    • Les personnes et les interactions plutôt que les processus et les outils.
    • Des logiciels opérationnels plutôt qu’une documentation complète.
    • La collaboration avec le client plutôt que la négociation de contrats.
    • La réaction au changement plutôt que le suivi d’un plan.

Dans un prochain post nous verrons en quoi les méthodes agiles sont une réponse intéressante aux problèmes liés à l’utilisation de l’offshore.

Un petit point sur l’offshore en France

Il est une réalité que l’on ne peut pas ignorer, le développement informatique offshore suit un croissance continue. Le phénomène s’accélère incontestablement même s’il ne représente aujourd’hui en France que 2 à 3% du chiffre d’affaire des services avec un taux de croissance de 20 à 30% par an.

Le phénomène du “papy boom” mais également la baisse d’attractivité des filières scientifiques, qui commence à créer un manque en ressource informatique, vont participer à son développement. C’est assez naturellement que la France se tourne vers les pays du Maghreb (Tunisie ou encore Maroc), l’Ile Maurice ou encore la Roumanie pour créer des équipes Francophones.

Sur un plan mondial l’accélération est tirée par l’Inde qui à mis au point avec les Etats Unis et l’Angleterre un “business model” efficace et qui poursuit sont développement dans les pays non anglophone comme le Japon, la France ou encore l’Allemagne.

La SYNTEC prévoit qu’en 2009 l’offshore en France devrait représenter entre 5 et 9% (La partie basse me parait plus crédible) du CA des SSII. Une évaluation définirait un plafond théorique des prestations « offshorisables » autour de 15%. Aux Etats-Unis, où l’emploi de prestations offshores est très avancé, on évalue le pourcentage actuel à environ 10%

Bienvenue

Bienvenue sur ce Blog où seront abordés les thèmes qui me tiennent à cœur, à savoir le développement offshore et les méthodes agiles. Deux sujets qui sont à mon sens fortement liés et méritent d’être traités ensemble.

  • L’offshore, même s’il n’est pas encore extrêmement développé en France, subit une forte croissance et sera présent dans une grande partie des sociétés informatiques d’ici quelques années. Il est donc important de se familiariser avec ce qui fera notre quotidien, essayer de l’appréhender de la meilleur manière en sortant des idées reçues.
  • Les méthodes agiles sont aujourd’hui le meilleur moyen de mener à bien un projet informatique. Il est donc important de bien comprendre la philosophie qui se cache derrière ce terme.

J’essaierais d’intervenir le plus souvent possible en postant des news et du contenu pertinent sur ces sujets.