Analyse

Inde ou Chine, qui sera le futur leader de l’offshore ?

Aujourd’hui de nombreux spécialistes s’affrontent pour savoir quelle place tiendra la Chine dans le paysage de l’offshore de demain.

Pour certain la Chine aura pris le pas sur l’Inde d’ici une dizaine d’années. Les raisons le plus souvent énoncés sont :

  • Un turnover inférieur
  • Des salaires inférieurs
  • De meilleures infrastructures (routes, chemin de fer, ADSL …)

Il y a un point qui n’est pas souvent évoqué mais qui est des plus important. Contrairement aux idées reçues, l’industrie chinoise du BPO existe depuis de nombreuses années et est très probablement aussi ancienne que l’industrie indienne. La raison pour laquelle les Chinois ne sont pas reconnu sur le plan international est qu’ils servent essentiellement le marché chinois. Parce que leurs clients sont aussi Chinois, ils ne peuvent pas compter sur un écarts de coût du travail comme un facteur critique pour leur entreprise. Ainsi ils doivent être incroyablement conscients des coûts. Parce que les Indiens ont une grande différence de coût avec leurs clients, ils sont beaucoup moins efficace les chinois.

Pour d’autres l’Inde restera de loin le leader incontesté du secteur de l’offshore. C’est le cas de John C. McCarthy qui publiait il y a quelques mois un article intitulé « China’s Diminishing Offshore Role ». Selon lui le marché chinois n’a pas décollé comme prévu. Bien qu’il y est une progression de la demande en provenance du Japon, l’arrivée des Etats-Unis et de l’Europe a été lente à se concrétiser. De plus la présence des entreprises de services comme Accenture a chuté, tandis que l’Inde et les Philippines ont connu une hausse des investissements. Les raisons invoquées pour cette croissance décevante sont un manque de travailleurs anglophones et l’insuffisance du respect des lois sur la propriété intellectuelle. En conclusion la Chine devra être 20% moins cher que l’Inde.

L’article « India being Bangalored by China » paru sur un site indien pourrait bien mettre tout le monde d’accord.

Il y est dit que :

« Les leaders indiens comme Infosys et TCS sont tellement loin devant leurs homologues chinois que même dans 10 ans, leur position ne sera pas sérieusement menacée. Dans les 10-15 ans à venir, sur les 10 meilleures sociétés du marché de l’externalisation il n’y aucun doute que six ou sept d’entre elles seront encore indiennes… Mais la Chine dans son ensemble aura pris la relève de l’Inde comme la principale destination de l’externalisation. »

Un petit point sur l’offshore en France

Il est une réalité que l’on ne peut pas ignorer, le développement informatique offshore suit un croissance continue. Le phénomène s’accélère incontestablement même s’il ne représente aujourd’hui en France que 2 à 3% du chiffre d’affaire des services avec un taux de croissance de 20 à 30% par an.

Le phénomène du “papy boom” mais également la baisse d’attractivité des filières scientifiques, qui commence à créer un manque en ressource informatique, vont participer à son développement. C’est assez naturellement que la France se tourne vers les pays du Maghreb (Tunisie ou encore Maroc), l’Ile Maurice ou encore la Roumanie pour créer des équipes Francophones.

Sur un plan mondial l’accélération est tirée par l’Inde qui à mis au point avec les Etats Unis et l’Angleterre un “business model” efficace et qui poursuit sont développement dans les pays non anglophone comme le Japon, la France ou encore l’Allemagne.

La SYNTEC prévoit qu’en 2009 l’offshore en France devrait représenter entre 5 et 9% (La partie basse me parait plus crédible) du CA des SSII. Une évaluation définirait un plafond théorique des prestations « offshorisables » autour de 15%. Aux Etats-Unis, où l’emploi de prestations offshores est très avancé, on évalue le pourcentage actuel à environ 10%