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Inde : Bangalore concurrencée par des pôles émergents

Vu sur BE Inde numéro 32 (28/08/2008) – Ambassade de France en Inde / ADIT :

L’immobilier en berne après des années fastes, très peu de création d’entreprises et d’emplois, Bangalore subit aujourd’hui le contrecoup de deux phénomènes. Le premier est celui de la crise économique mondiale, et particulièrement de la baisse du dollar qui affecte grandement les exportations. Le second est l’émergence en Inde de nouveaux pôles dans le secteur des services informatiques. Ces nouvelles Silicon Valley indiennes s’appellent Chennai, Chandigarh, mais aussi et surtout Noida et Gurgaon, dans la banlieue de Delhi. Dans ces villes, la situation est diamétralement opposée. La croissance des activités y est forte et ces villes sont pour l’instant moins congestionnées et moins chères que Bangalore.

Par ailleurs, les politiques publiques apparaissent maintenant moins favorables aux professionnels dans le Karnataka -l’état dans lequel se trouve Bangalore- que dans l’Etat de Delhi ou dans le Tamil Nadu. Un chef d’entreprise indien, M. Nagarajan, déclare ainsi que Bangalore n’est plus le paradis qu’elle pouvait être en 2000 pour les entreprises. Les états voisins ont bénéficié en quelque sorte des problèmes qu’a posé la croissance des activités à Bangalore. Les investissements ont été réalisés avec une vision à plus long terme et les législations ont été améliorées.

Dans le Tamil Nadu, le comité local de la Confederation of Indian Industry a ainsi salué la nouvelle législation dans le domaine, dévoilée le 30 juillet dernier par le gouvernement de l’Etat. Les infrastructures nécessaires au développement de l’activité seront renforcées dans les districts de Thiruvallur et de Kancheepuram, pour un montant de 2,5 milliards de roupies (38,6 millions d’euros). Des aides importantes seront aussi consenties aux entreprises, qui pourront bénéficier d’une aide financière de 3 millions de roupies (46 350 euros) et d’une exemption de taxes sur l’électricité pendant 2 ans, à la condition qu’elles emploient plus de 100 personnes. Si elles emploient plus de 400 personnes et ont investi plus de 2 milliards de roupies(30,9 millions d’euros), l’exemption de taxes pourra être portée à 5 ans. Des exonérations fiscales sont aussi prévues pour les investisseurs qui choisiraient d’investir au Tamil Nadu des sommes comprises entre 50 et 500 millions de roupies (entre 0,77 et 7,7 millions d’euros).

Les exportations de services informatiques de Gurgaon ont rapporté près de 180 milliards de roupies (2,8 milliards d’euros), un quasi doublement en deux ans. A Chandigarh, les volumes restent moins importants puisque les exportations de services informatiques n’ont représenté que 4 milliards de roupies (61 millions d’euros). Toutefois la croissance y est très forte, avec un bond de plus de 600% en trois ans seulement. Le Tamil Nadu représente déjà 11% du chiffre d’affaires du secteur en Inde, avec 5,7 milliards de dollars (3,85 milliards d’euros) de chiffre d’affaire en 2006-2007.

Destination Offshore : L’Inde reste le leader suivi de près par la Chine

La deuxième édition du top 10 annuel des meilleures destinations offshore élaborée par le cabinet d’études IDC, a une nouvelle fois consacré l’Inde.

Ainsi, sur les 10 premières villes les plus en vues en termes d’externalisation, 3 sont indiennes dont Bengalore (première), New Delhi (deuxième) et Mumbai, en septième place. Les villes chinoises sont toutefois au taquet, avec notamment Beijing en troisième position, puis Shangai et Dalian qui arrive neuvième.

Logica s’intéresse à l’Inde

Logica expose dans un article du monde informatique sont intérêt grandissant pour l’Inde.

Travailler avec l’Inde, c’est collaborer avec « le plus grand réservoir de talents au monde dans les technologies IT ». Mais pour garantir l’efficacité des équipes mixtes, encore faut-il bien comprendre les modes opératoires en vigueur dans le pays.

L’essor des services externalisés vers l’Inde conduit Logica à former spécifiquement ses équipes. En 2008, 550 collaborateurs de Logica France (sur 9 000 salariés) seront ainsi sensibilisés aux problématiques interculturelles. La SSII souhaite les voir aborder de la façon la plus appropriée, et donc la plus efficace, la collaboration avec des équipes indiennes.

Mais Logica entend aussi convaincre ses clients des atouts d’une telle association. Elle a monté avec Akteos des sessions spécifiques sur les métiers de l’informatique en Inde et sur les meilleures pratiques pour travailler ensemble. A l’occasion d’un séminaire qui s’est tenu jeudi 29 mai dans ses locaux parisiens, la SSII a présenté à ses clients le témoignage de collaborateurs et partenaires engagés depuis plusieurs années sur des projets offshore avec l’Inde.

120 000 nouveaux diplômés en IT tous les ans

Certains clients, tentés par l’expérience, hésitent en invoquant les difficultés rencontrées par d’autres entreprises dans leur quête indienne. « Oui, c’est difficile, mais cela marche, affirme Jean-Louis Simoneau, président d’Omega Hightech, spécialiste de l’outsourcing en Inde. Il cite le cas de grandes entreprises françaises qui « signent, persistent et réussissent » là-bas, car elles prennent en compte les facteurs-clés de succès. Il y a sur place « le plus grand réservoir de talents au monde dans les technologies de l’informatique », rappelle le consultant en pointant les 120 000 nouveaux diplômés formés tous les ans par le pays dans ces disciplines (qui s’ajoutent aux « 3 millions de diplômés dans d’autres secteurs que la IT »). « Des sociétés comme IBM ou Oracle y ont déjà quelque 40 000 ou 50 000 collaborateurs, souligne-t-il. Des savoir-faire exceptionnels s’y sont développés, dans le test, la validation des prototypes, le design des architectures, le développement et la maintenance des produits et applications ».

La rétention des personnes : un problème majeur

Sur les rémunérations pratiquées, beaucoup d’idées reçues circulent. Néanmoins, Jean-Louis Simoneau admet que le salaire brut reste faible. Sur une échelle où les Etats-Unis représentent l’index 100, la France est à 85, le Japon à 141, l’Allemagne à 89, la République Tchèque à 37 et l’Inde à 16, énumère-t-il.

Pour autant, le montant du salaire ne sera pas divisé par six car « il y a des coûts induits ». En outre, « les cadres supérieurs sont très bien payés, à un tarif comparable à la France, et il y a une surenchère ». Le consultant reconnaît aussi qu’en Inde, dans le secteur de la IT, les augmentations de salaires avoisinent les 15% par an et le turnover plus de 25%. « Les process de rétention des personnes sont majeurs : attention de ne pas vous retrouver au bout de six mois avec seulement trois personnes qui connaissent votre projet ! »
Pour travailler avec des équipes indiennes, il est nécessaire de mettre en place des gouvernances particulières de projets, conclut-il. L’organisation est la clé du succès, il faut que les responsabilités soient clairement établies et écrites.

Une organisation rigoureuse s’impose

Jean-Marie Barret, directeur de mission outsourcing chez Logica, est responsable d’un projet de maintenance en offshore. Son expérience de l’Inde a démarré il y a deux ans. « Nous sommes immédiatement confrontés aux procédures », témoigne-t-il. Les sociétés travaillent avec une certification CMM (Capability maturity model) de niveau 5 [CMM, aujourd'hui intégrée dans la méthodologie CMMI, a été conçue pour améliorer les processus des sociétés de services].
Les procédures ne manquent pas, tant pour organiser les visites en France que pour établir les « Request for resources ». « Il faut remplir de nombreux formulaires spécifiques », ce qui se justifie, explique le responsable de projet de Logica, si l’on considère que l’on s’adresse à des centres de services qui comptent des milliers de personnes (« jusqu’à 70 000 dans certains centres »).
« Ce sont des usines dotées d’outils standards avec lesquelles on ne peut pas travailler dans l’urgence comme nous avons pris l’habitude de le faire en France, poursuit Jean-Marie Barret. Il faut parler ‘process’ avec ces équipes et avancer pas à pas. On doit apprendre leur vocabulaire et leurs métriques, et aligner l’ensemble des intervenants sur ces indicateurs. »

Impliquer les responsables indiens dans le pilotage des projets

Quand 7 000 km de distance séparent les collaborateurs, une fluidité s’impose dans la communication. « Il faut mettre en place les bons outils au bon niveau : ‘chats’, ‘workspaces’, intranets, outils de virtual working, etc. nous permettent d’aller plus vite », confie le directeur de mission qui constate beaucoup d’allers/retours entre équipes indiennes et françaises, même si les spécifications ont été très détaillées. Le respect du ‘process’ et un travail à distance efficace constituent les deux piliers pour mettre en place un modèle industriel avec l’Inde, conclut Jean-Marie Barret en insistant sur un point essentiel : « Impliquer les responsables indiens dans le pilotage demeure une clé de succès ».

par Maryse Gros .

Des bénéfices en retrait pour les SSII indiennes au 4ème trimestre

Le ralentissement économique engendré par la crise aux Etats-Unis fait également des victimes en Inde. Les SSII, même les plus grosses, comme Wipro ou Infosys, revoient en effet leurs prévisions à la baisse.

La SSII indienne Wipro  subit un peu plus que sa concurrente Infosys le ralentissement de l’économie américaine et de l’appréciation de sa monnaie par rapport au dollar. Sur son 4ème trimestre fiscal, échu au 31 mars dernier, son bénéfice net est presque égal (+2%) par rapport à l’an dernier, à 219 M$, pour un chiffre d’affaires de 1,4 Md$ (+29%).

Infosys a également annoncé des résultats en retrait par rapport à l’année précédente, son chiffre d’affaires ayant progressé de 35%, à 4,18 Md$, contre +53% en 2007.

Pour soutenir sa stratégie visant à se rapprocher de ses clients et à fournir des prestations de services à l’échelle internationale, la SSII a également ouvert des centre de BPO (business process outsourcing) en Pologne et aux Philippes. Elle s’est aussi installée à Atlanta, en Géorgie (Etats-Unis).

Dans quelques jours, ce sera au tour de Tata Consultancy Services d’annoncer des résultats.

Les Français veulent développer l’« outsourcing » en Inde

Tiré d’un article paru dans « les echos« .

La plupart des SSII tricolores (Capgemini, Atos Origin, Steria…) ont pris le train de l’« outsourcing » (sous-traitance) en marche en délocalisant une partie de leurs activités en Inde.

(…) Pourtant, tous les investisseurs français n’ont pas encore véritablement pris la mesure de l’explosion de ce gigantesque marché.

(…)Malgré la hausse des salaires (+ 15 % en 2007), la sous-traitance a encore le vent en poupe. Mais, hormis Capgemini, qui a passé le cap des 17.000 salariés grâce au rachat de l’indien Kanbay fin 2006, les SSII françaises restent en retard. Selon Nasscom, l’association indienne des sociétés de logiciels, les Etats-Unis ont délocalisé en Inde 2,8 % de leurs ressources en personnel dans les services informatiques, le Royaume-Uni 5,9 %, l’Allemagne 1 % et la France 0,2 %.

(…)Atos veut porter ses effectifs dans le pays de 2.300 à 6.500 employés en 2009 et cherche à y effectuer une acquisition.

Avec la reprise de la firme britannique Xansa en 2007, le français Steria compte désormais 27 % de son personnel en Inde, sur un total de 20.000 salariés, et veut passer à 40 % d’effectifs offshore en 2010. « L’Inde est une fabuleuse opportunité pour nous aider à gagner en productivité, alors qu’on est en Europe sur un marché sous pression au niveau des prix. Un ingénieur indien gagne 6.000 à 7.000 euros par an, contre 35.000 euros pour un ingénieur débutant en France », explique François Enaud (…)

Martin Fowler, utilisation d’un processus agile dans le développement offshore (Part 1)

Martin Fowler, une pointure du développement informatique et un pionnier des méthodes agiles a écrit il y a quelques temps de cela un article très intéressant sur l’utilisation des méthodes agiles pour le développement offshore. Les images utilisées pour illustrer cet article sont tirées d’une présentation réalisée par ThoughtWork (société où travail Martin Fowler) disponible ici.

L’article date un peut (Il a été écrit en 2003 et mis à jour pour la dernière fois en Juillet 2006) à l’époque les bienfaits des méthodes agiles sur le développement offshore n’étaient pas encore reconnus et certains disaient même qu’ils étaient incompatibles.

L’article étant d’une taille assez conséquente, je diviserais sa traduction en plusieurs posts.

Partie 1 :

  • Introduction
  • Leçons apprises
    • Utiliser l’intégration continue pour éviter les migraines lors de l’intégration.
    • Que chacun des bureaux est un ambassadeur de l’autre site.
    • Des visites pour instaurer la confiance.

Introduction

Durant les quatre dernières années, ThoughtWorks, a fonctionné avec un laboratoire situé à Bangalore afin de soutenir le développement de ses logiciels en Amérique du Nord et en Europe

L’un des principes de base de toute méthodologie agile est l’importance portée à la communication entre les différents protagonistes du projet. « Le moyen le plus efficace et efficient de transmettre l’information au sein d’une équipe de développement, c’est le face-à-face ». Le livre d’Alistair Cockburn parle beaucoup de l’importance de la proximité physique dans les méthodes agiles.

Une autre tendance a récemment bousculé le monde du développement logiciel. C’est le passage au développement offshore. Celui-ci semble opposé au développement agile. Pour commencer, l’offshore va à l’encontre de la notion de proximité physique, puisque, par définition, les développeurs offshore sont loin. Deuxièmement la plupart des organisations faisant de l’offshore utilisent une approche prédictive (non agile) dans laquelle les documents de conception sont envoyés en zone offshore pour être réalisés.

ThoughtWorks a ouvert un bureau à Bangalore en 2001 et plusieurs des projets que l’entreprise a réalisés y ont eu recours. ThoughtWorks a utilisé autant que possible une approche agile, car pour eux cela est dans le plus grand intérêt des clients.

Il était également très important pour ThoughtWorks de conserver leur très grande exigence en matière de recrutement (généralement ils proposent un emploi à environ 1 candidat sur 100). Une grande partie des développeurs ont été recrutés à la fin de leurs études. On y a ensuite rajouté des développeurs plus expérimentés. Au début, plusieurs développeurs américains et britanniques ont rejoint le bureau de Bangalore, pour encadrer les nouveaux développeurs, à la fois sur le développement de logiciels mais aussi sur l’agilité et les pratiques XP appréciées par ThoughtWorks. Actuellement le centre de Bangalore compte environ 150 développeurs.

Indian team

Utiliser l’intégration continue pour éviter les migraines lors de l’intégration.

Il y a de nombreuses histoires sur les problèmes rencontrés lors de l’intégration des travaux réalisées dans des équipes multi sites. Même en définissant des interfaces avec beaucoup de soins, les problèmes d’intégration font toujours leur apparition. Souvent même si toutes les signatures des méthodes sont correctes, il est toujours difficile de prévoir ce que l’implémentation fera réellement

La première pratique XP utilisée chez ThoughtWorks a été l’intégration continue. Ils y étaient tellement habitués qu’ils étaient déterminés à l’utiliser pour leurs développements offshores. Donc, dès le début, tout le monde travaillait sur le même serveur de source, avec CruiseControl réalisant les builds et les tests.
L’intégration continue et l’exécution automatique des tests permet de détecter très rapidement les éventuels problèmes et, de ce fait, ils peuvent être fixés avant que cela ne devienne trop difficile.

Tous les matins, les développeurs se connectent à l’interface web de CruiseControl pour voir les modifications faites par l’autre site. Il fournit un moyen facile de savoir ce qu’il s’est passé de l’autre côté du monde.

Mais l’intégration continue exige une grande discipline. Les développeurs s’efforcent de ne pas avoir de build failled et doivent réparer immédiatement si cela était le cas. Si un commit est effectué, on ne quitte pas le bureau tant que la confirmation du succès du build n’a pas été reçu. Un build failed de fin de journée à beaucoup plus de conséquence lorsque l’équipe offshore doit prendre le relais des développements.

Continious integration

Cependant des problèmes dus à la qualité du réseau de communication ont été rencontrés. En général, le serveur de build se trouve sur le même site que la majorité des développeurs, cela peut être ennuyeux pour l’équipe distante qui devra attendre longtemps lors d’un check-out complet. De plus le fait d’avoir un serveur devant être accessible 24h/24 n’est pas pratique pour pouvoir réaliser des backups. Tous ces problèmes pourraient être résolus en utilisant un cluster de serveur de sources mais l’équipe de ThougthWork n’avait pas les connaissances nécessaires à l’époque.

Que chacun des bureaux est un ambassadeur de l’autre site.

Comme dit plus haut, les méthodes agiles soulignent l’importance de la communication face-à-face. Même si tout le monde ne peut pas être sur le même site, le fait de déplacer certaines personnes aide énormément. Dès le début, un membre de l’équipe américaine était en permanence en Inde pour faciliter la communication. Un tel ambassadeur connaissant l’équipe américaine partage ses contacts ce qui facilite la communication.

Nous avons par la suite jugé utile d’envoyer un développeur américain et un analyste américain en Inde pour communiquer à la fois sur les exigences techniques et fonctionnelles. Il est également utile d’envoyer un membre de l’équipe Indienne en Amérique. Le coût du transport aérien est vite amorti par l’amélioration de la communication.

L’utilisation d’ambassadeurs dans l’équipe Offshore permet de partager le contexte du projet. Construire un logiciel sur une liste de fonctionnalités ne permet pas au développeur de savoir ce qu’il est prioritaire et important de faire. Le fait de connaître le « pourquoi » permet souvent de mieux choisir le « comment ».

Une partie importante du travail qui devra être effectuée par l’ambassadeur, est la diffusion « des bavardages ». Sur un projet il y a beaucoup de communication informelle. Même si en majorité cette information n’est pas importante, une partie l’est. Donc le travail de l’ambassadeur sera de rapporter des morceaux choisis de cette information qui n’a pas été jugée assez importante pour être transmise par les canaux officiels.

Les ambassadeurs changent en générale tous les mois. Si un ambassadeur passe trop de temps à l’étranger, il perd le contacte avec son site d’origine. Etre ambassadeur permet de passer du temps avec l’équipe distante et ainsi de mieux connaître les équipes. Lors du choix des ambassadeurs il est très important de prêter attention aux besoins et aux préférences des individus. Certaines personnes ne veulent pas passer plusieurs mois à des milliers de kilomètres de chez eux, de sorte qu’ils ne devraient pas être ambassadeur.

Nous avons également constaté qu’il est important pour les chefs de projet de passer un peu de temps en tant qu’ambassadeur. Une grande partie du travail du chef de projet est d’aider à résoudre les conflits et d’éliminer les problèmes avant qu’ils ne deviennent graves. Le fait d’avoir travaillé des deux côtés de la ligne téléphonique est vraiment important pour travailler efficacement.

Il est essentiel d’envoyer le plus tôt possibles des ambassadeurs. Si un projet se déroule pendant un certain temps sans ambassadeur, les malentendus et les mauvais sentiments vont se développer et cela demandera beaucoup de travail pour réparer les dégâts.

Des visites pour instaurer la confiance

En plus des ambassadeurs qui passent plusieurs mois dans le site distant, il y a d’autres types de visites qui contribuent à créer et à maintenir la communication nécessaire pour travailler efficacement à distance.

Team building

Les visites de lancement doivent être prévues le plus tôt possible dans le projet et doivent être d’une durée de deux semaines minimum. Le but premier de ces visites est d’habituer les gens à travailler ensemble.

  • Envoyer les représentants du client et les chefs de projet pour créer un planning de livraison.
  • Les analystes offshores doivent venir onshore pour participer aux sessions de recueil des besoins.
  • Des développeurs onshore doivent rendre visite à l’équipe offshore pour travailler avec elle sur la première itération.
  • L’équipe offshore doit visiter le site « onshore » surtout si il se trouve chez le client.

Il ne faut pas oublier que le but principal de cette visite n’est pas de faire le travail, mais de construire les relations de travail. C’est une erreur fréquente de vouloir faire entrer le plus de tâches possibles durant ses visites et de se retrouver au final avec très peu de temps pour les relations humaines. Le rythme de travail doit y être relax et il ne faut pas avoir peur de planifier des réunions informelles où l’on présente à l’invité l’environnement de travail.

Une variante de la visite de lancement est importante si des développeurs sont présent sur les différents sites. Dans ce cas il est important que les développeurs, au moins les séniors, travaillent ensemble sur les premières itérations. C’est durant ces itérations que les décisions d’architectures cruciales sont prises. Il est important d’avoir une forte proximité durant cette période sinon il pourrait y avoir une scission entre les deux équipes lorsque des décision ne sont pas partagées ou non comprises.

Une fois le lancement du projet terminé, des visites moins intenses doivent être utilisées pour garder le contact. Ces visites peuvent être plus courtes, mais assez fréquentes (au moins tous les deux mois). Il est important de prendre plus de temps lorsque des changements significatifs apparaissent dans le projet.

Des présents, en particulier ceux qui participent à l’échange culturel, comme les spécialités locales, sont toujours important.

C’est la fin de cette première partie. La suite devrait arriver prochainement.

Les salaires du développement offshore / nearshore

De nombreux critères sont importants lors du choix d’une destination offshore. Par exemple le nombre de ressources disponibles dans le pays, la qualité des infrastructures, le système éducatif, le système économique et politique, le niveau de formation des ingénieurs ou encore leur salaire sont autant de paramètres à prendre en compte.

La réduction des coûts est l’une des motivations premières d’une entreprise qui fait appel à l’offshore. Cette réduction dépend en partie de la rémunération qu’il faudra verser aux ingénieurs locaux.

Nous allons donc faire ici un petit tour des salaires des principales destinations offshores.

Carte des salaires du développement offshore

Salaire du développement offshore en Europe de l’est et Afrique du sud

Salaire offshore / nearshore en Europe de l’est

Sur le graphe ci-dessus ne sont pas présent la Tunisie et le Maroc qui ont un niveau de salaire équivalent à la Russie ou à la République Tchèque. De même Madagascar et l’île Maurice ont des coups très faible, inférieur à ce qui se pratique en Inde (par contre infrastructure, nombre de ressource, niveau de formation sont moins bon).

Dans cette zone les pays attrayant sont la Roumanie et la Slovaquie qui se développent de plus en plus dans le secteur des services informatique. La Roumanie, comme le Maroc et la Tunisie, à l’avantage de fournir de nombreuses ressources francophones. La Russie est également intéressante pour ces coûts réduits et le niveau de son enseignement.

Salaire du développement offshore en Amérique (Sud, Nord)

Salaire offshore / nearshore en Amérique du sud

 

Le Canada est une destination très attractive pour les USA pour son niveau de compétences, sa proximité, et des coûts environ deux fois moins chèrs.

Les pays d’Amérique du Sud (Costa Rica, Mexique, Brésil ou Argentine) présentent un niveau de salaire équivalent à ce qui se fait en Europe de l’Est. Le niveau de compétences y est bon (notamment en Argentine) mais pour le moment ils s’intéressent essentiellement au marché Américain.

Salaire du développement offshore en Asie

Salaire offshore / nearshore en Asie

Le Vietnam est clairement la destination la moins chère, par contre la qualité n’est pas encore tout à fait au rendez-vous. Il y a un manque de ressources compétentes et les infrastructures doivent être améliorer.

La Chine et l’Inde font jeu égal sur ces chiffres datant de 2005 même si aujourd’hui la Chine est moins chère. Les deux pays fournissent un grand nombre de ressources ayant un bon niveau de formation. L’avantage linguistique et culturel est du côté de l’Inde mais les salaires sont amenés à y augmenter rapidement.

Récapitulatif et prévision pour 2010

Pays Salaire moyen en 2005 ($) Salaire moyen en 2010 ($)
Vietnam 5,503 7,827
Chine 8,455 11,972
Inde 8,485 12,877
Thaïlande 9,651 11,686
Philippines 10,736 14,918
Romania 13,708 17,329
Brésil 14,087 18,324
Slovaquie 14,786 18,163
Russie 17,882 25,316
Malaysia 18,564 23,024
Costa Rica 18,641 26,39
République Tchèque 19,125 26,203
Mexico 19,427 24,559
Hongrie 22,76 30,172
Pologne 26,38 34,152
Afrique du sud 31,957 38,881
Israël 32,599 37,975
Singapour 36,7 43,169
Canada 37,589 45,513
Ireland 48,178 56,396

Capgemini intéresse les indiens

Capgemini attise l’appétit des Indiens. Il y a de cela quelques mois une rumeur circulait faisant part d’un possible rachat de la SSII française par Wipro, une des plus importantes SSII indienne. En juillet 2007 c’était Infosys qui était intéressé.

Aujourd’hui le Times parle d’une possible fusion entre Capgemini et l’indien Reliance Communications. Les sociétés auraient entamé il y a quelques mois des discussions en vue d’un rachat de la SSII française mais aucun accord n’ayant été trouvé sur le prix, la transaction n’aurait pas été plus loin.

Rumeur ou réalité, une chose est sûr les indiens devrait augmenter de manière significative leur présence en Europe au cours de cette année 2008. De là à racheter Capgemini ….

Petit tour d’horizon des destinations offshores

Voici un petit tour des destinations offshores qui pourrait intéresser les entreprises prêtent à franchir le cap.

L’Afrique

Deux régions y sont très attractives, le Maghreb (avec le Maroc et la Tunisie) et les îles de l’océan indien (avec Madagascar et l’île Maurice). Leur points forts, la pratique du français et la proximité culturelle. Ces destinations sont davantage accessibles aux PME françaises.

Le Maroc arrive en tête des implantations au Maghreb et cela grâce au programme lancé par le gouvernement marocain, Emergence 2010, où tout est fait pour attirer les Européens. Les coûts y sont deux fois moins importants qu’en France avec de bons ingénieurs qui ont souvent suivi leurs études en France. La Tunisie quand à elle, attire par son système éducatif connu pour son élitisme et par la qualité de ses ingénieurs. Sa faiblesse, la qualité de ses infrastructures que le gouvernement commence à améliorer(voir : Opportunités Nearshore en Tunisie, les SSII françaises intéressées).

De l’autre coté du continent nous trouvons l’île Maurice et Madagascar. Leur point fort, des coûts très bas aux alentours de ce qui se fait en Inde. L’île Maurice a surtout développé des compétences autour des nouvelles technologies, Java, J2EE, et.Net, tandis que Madagascar est davantage orientée « anciennes » technologies. Les points négatifs y sont les infrastructures qui ne sont pas encore très bien développées et le nombre d’ingénieurs formés chaque année qui reste assez faible.

L’Europe de l’est

Même si la réduction des coûts y est moins importante qu’en Asie, la Roumanie, la Pologne ou la Hongrie profite de leur appartenance à l’union Européenne. L’Europe de l’est est reconnue pour l’excellence de ses formations scientifiques. La formation qui y est dispensée rivalise avec celles des indiens et des occidentaux.

Leur plus gros point fort est d’être européen et donc proche sur le plan géographique (pas besoin de visa) mais surtout culturel et juridique. On va y chercher une plus grande sécurité à l’exemple des grandes banques françaises qui ont fait ce choix pour la confidentialité des données.

Pour nous français, la Roumanie a l’avantage de porter un grand intérêt à la langue française et il est très facile de trouver des ingénieurs parlant un français parfait.

La Russie

Nouvel arrivant dans le grand jeu de l’offshore, la Russie va devoir être prise au sérieux car elle possède de nombreux atouts. Comme en Europe de l’est, la qualité de l’enseignement scientifique y est très élevé mais elle a en plus l’avantage de former chaque année un grand nombre d’informaticiens de très bon niveau. Les coûts salariaux y sont similaire à ceux de la Tunisie.

L’Asie

L’Inde reste le leader mais la Chine avec ses ressources inépuisable arrive à grand pas. Le Vietnam commence à se développer dans le secteur avec comme avantage de pouvoir proposer des ingénieurs francophones même si la pratique du Français y perd du terrain face à celle de l’anglais.

L’Inde a, depuis une vingtaine d’année, rodé ses processus industrialisés et offre une large gamme de prestations. Tata Consultancy Services (TCS), Infosys, ou Wipro, rivalisent avec les SSII occidentales. De l’informatique de gestion à l’informatique technique, en passant par l’externalisation de processus métier ou BPO (Business Process Outsourcing), l’expertise indienne est complète.

Du côté du grand rival chinois, le gouvernement met en place une politique très agressive à grand coup de défiscalisation pour attirer les grands clients occidentaux et ainsi être le leader d’ici 5 ans. Le nombre d’ingénieurs formés chaque année y est supérieur à celui de l’Inde pour un niveau de formation comparable et des coûts inférieurs. Pour le moment les clients restent en majorité japonais et américains. Les SSII françaises sont encore peu présentes dans ces pays. Pour plus de détails voir l’article : Inde ou Chine, qui sera le futur leader de l’offshore ?

Développement Offshore, en 2008 tout le monde en parlera…

01net présente un dossier « En 2008 tout le monde en parlera » présentant les sujets qui devraient occuper l’actualité informatique de l’année 2008.

En troisième position on trouve le développement offshore avec l’arrivée en France des grandes SSII indiennes.

(….) « Nous avons commencé à ouvrir des bureaux locaux pour gérer les imperfections liées au système et les particularités du marché français que sont la langue, la culture et la dispersion géographique « , explique Kees Ten Nijenhuis, vice-président de Wipro (…).

Pour Milind Kamble, country manager France chez Tata Consultancy Services, 2008 devrait se traduire par une présence renforcée. « Dans les six mois à venir, nous aimerions ouvrir un petit centre de développement avec des consultants francophones. Sinon, nous perdrons des opportunités »,

(…) « Les 5 ou 7 plus grandes SSII des pays avancés s’installent en Inde et en Chine où réside leur plus grand nombre d’employés. Nous, Tata, nous nous déplaçons dans le sens inverse, mais pas à la même échelle »,